"Celui dont la conscience se sera élevée au delà de la mécanique psychologique du moi existentiel commencera à percevoir des possibilités de vie qui, autrefois, lui étaient inaccessibles" - Bdm


“Vers une nouvelle psychologie de l’être”

Le livre

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"Vers une nouvelle psychologie de l'être" est en phase de finalisation.  Ce livre proposera une autre façon d'être au monde. Il est également et surtout une invitation à  nous rencontrer, dans cet espace où tout se passe, où tout se vit. Un espace où les mots, habituellement lus, s'animent  de paroles, de gestes, d'échanges, de rires, de râles, de richesses inattendues que seules une rencontre peut faire naitre. Pour cela, j’animerai à partir d’octobre 2018 un cycle de conférences par lequel nous explorerons les notions fondatrices de cette nouvelle psychologie"



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 Extrait du livre

"Ecrire sur ce que serait une nouvelle psychologie de l’être est un exercice parfaitement nouveau pour moi. Il ne découle d’aucune volonté de clarifier ma propre pensée, mon propre cheminement, même si je devine que par certains aspects, ce sera immanquablement le cas. C’est d’ailleurs une pratique très courante que de vouloir comprendre la structure de sa propre pensée en là couchant par écrit. Généralement, ceux qui le font sont en recherche d’eux-mêmes. Ils utilisent l’écriture comme un révélateur de leur pensée, qui souvent leur ouvre d’autres questionnements, d’autres pistes de réflexions. Et par ce dialogue entre leur pensée et l’écriture, ils se découvrent peu à peu.
 
Mon propos ne sera pas celui-là. Il consistera plutôt à poser des mots sur des processus que nombre d’entre nous vivons et qui, par les limites des approches et des conditionnements  psychologiques actuels, réduisent, déforment, détournent et le plus souvent ignorent l’intelligence de l’homme. La conséquence est que notre perception de la vie, notre pensée et notre créativité se voient réduites à peau de chagrin. Dans cette réduction, nous finissons par croire que le problème vient de qui nous sommes, alors qu’il est essentiellement dans la manière dont nous regardons. Je souhaite ouvrir un espace par lequel chacun pourra commencer à envisager sa vie autrement que par les ornières étroites qui forgent actuellement notre destinée. Ainsi, progressivement se dessineront les contours d’une nouvelle psychologie, fondée sur une redéfinition approfondie du vivant. Il s’agit d’une introduction en la matière, qui, je l’espère, permettra au plus grand nombre de reconsidérer la nature de sa propre existence et d’en mesurer l’étendue réelle.

L’idée d’une nouvelle psychologie de l’être remonte à la fin de mon adolescence. Le titre est un clin d’oeil à Abraham Maslow, qui en 1972, publia « Vers une psychologie de l’être ». Pour être tout à fait honnête, je n’ai plus en mémoire son contenu exact, mais je me souviens que ce fut le premier ouvrage de psychologie que je lus, alors que je démarrais mon cursus universitaire aux Etats-unis, au début des années 90. Sa lecture fut une entrée en matière qui m’ouvrait de nouveaux horizons. Presque cinquante ans après sa parution, j’ai donc choisi de reprendre le titre de son ouvrage,  comme pour faire un écho à ce souvenir,  et le perpétuer un peu plus.

A la base, je n’avais pas pensé écrire sur le sujet. D’abord parce que je n’ai pas l’âme d’un écrivain. Ensuite parce que les mots qui me viennent se prononcent dans la spontanéité d’un échange, d’une discussion ou d’une rencontre, plutôt que par le fruit d’une pensée réfléchie. Il m’est souvent arrivé de me retrouver sans rien à dire face à une feuille blanche, alors que j’espérais pouvoir décrire tel ou tel vécu. Mais face à ce rectangle blanc, je perds totalement l’intérêt de la noircir de mes mots. Je lui préfère sa limpidité. D’une certaine manière, cette page vierge dit tout de l’espace dans lequel je puise ma pensée. Il m’a fallut de nombreux échanges et de nombreux essais pour commencer la rédaction de ce livre.

Comme je le disais en introduction, je n’éprouve aucun besoin de clarifier ma pensée. Néanmoins, je ressens l’envie que celle-ci soit mieux comprise et permette à certains de saisir ce qui anime ma démarche, car pour beaucoup, cela reste un mystère.

Dans mon histoire, il y a ce moment où j’ai pris conscience que je supportais mal que d’autres pensent pour moi, que l’on me dise quoi faire, que l’on me dise où je dois aller, comment je dois être, par où je dois passer. Au fond, je n’ai jamais supporté l’emprise du savoir de l’autre sur moi. Plus généralement ensuite, j’ai été amené à cet endroit de l’insupportable de celui qui pense pour un autre.

Cela m’a poussé à construire une réponse qui consiste, dans la relation à l’autre, à ouvrir un espace tellement clair, tellement purifié de tout vouloir pour lui, qu'il finit par toujours y trouver son chemin. En face d’un autre, je me débarrasse préalablement de mes propres a priori et, par le regard que je lui porte, l’autre se débarrasse des siens. Nous faisons ainsi la peau à des milliers de représentations. Cela lui ouvre un océan de possibles, et il peut se mettre à marcher de ses propres pas.  

Ce qui perturbe parfois les personnes que je rencontre, c’est que c’est l’inverse de la couleur. L’autre cherche une couleur en moi, un axe, une direction. Il ne trouve qu’un espace vacant, comme un trou noir qui absorbe tout axe et toute couleur, pour juste ouvrir un champ libre.

J’ai besoin qu’on me laisse libre comme j’ai besoin de laisser l’autre libre, de cesser de l’écraser avec les miasmes de mes connaissances et de mes impressions. Je me mets devant un autre et par mon questionnement, par ma présence, ainsi que le vide que j’ai créé en moi, je l’aide à pousser les murs de ses certitudes pour peu à peu trouver un chemin nouveau dont il ignorait même l’existence. Un chemin qui peut le conduire à l’endroit où sa destinée est censée se tracer, quand ma propre liberté le rend libre de trouver la sienne.

A ce moment, et à ce moment seulement, nous pouvons parler de rencontre humaine. Dès que nous avons une connaissance sur l’autre, nous ne sommes plus dans la rencontre. Nous abordons la rencontre quand l’autre est libre de mes miasmes et que nous nous regardons comme deux étranges différences qui se respectent de façon absolue. Et même si nous ne pouvons pas aller dans la pleine non-directivité, nous nous efforçons de laisser à l’autre le soin de sa propre découverte.

C’est pour cela que beaucoup ne comprennent pas ma démarche. Parce qu’ils attendraient de moi un axe de connaissances que je pourrais leur imposer. Parce que c’est ce qu’ils ont eux, et c’est ce qu’ils font le plus souvent. C’est leur droit le plus élémentaire. Il se trouve qu’il y en a quelques uns qui ne fonctionnent pas ainsi. J’en fais partie.

C’est dans cette histoire là que j’ai commencé à entrevoir le fil d’un cheminement qui n’est plus tout à fait une histoire personnelle, mais qui devient une façon d’être autrement à la vie : une nouvelle psychologie de l’être.

Q: Vous semblez néanmoins vous approprier cette nouvelle psychologie ?

Je me souviens avoir pensé que si la lecture de mes mots permettaient que nous puissions nous rencontrer vous et moi, alors j’écrirais ces mots. Lorsque nous parlons d’appropriation, nous nous référons à la notion de propriété. Et dans la notion de propriété, il y a nécessairement l’exclusion, le sens privatif. Ce dernier est parfaitement valable dans certains domaines mais ici, c’est tout le contraire. J’explique seulement comment mon parcours m’a amené à cela. Cette nouvelle psychologie commence à l’endroit où cesse mon histoire personnelle. De même qu’elle commence pour vous quand vous dépassez les seules conditions psychologiques de votre personnalité, pour entrer dans une dimension approfondie de l’être, qui ne me semble pas assez explorée, où du moins pas suffisamment considérée aujourd’hui pour que nous puissions tirer une quelconque limpidité sur nos vies. Qu’elle vienne de ma propre expérience ou de la votre n’a donc pas vraiment d’importance, parce qu’elle ne s’appuie pas sur l’expérience. Elle est un espace total et sans frontières, ce qui l’a rend non personnalisée.

Non personnalisée ne signifie pas pour autant qu’il serait inutile d’évoquer les mille et une rencontres, expériences, événements qui ont jalonné mon parcours et aiguisé ma compréhension des choses. Leur évocation vous aidera certainement à mieux cerner comment cette nouvelle psychologie peut se traduire dans la réalité matérielle d’un individu. Simplement, il s’agira d’une illustration et non d’une règle. Il est important de comprendre qu’étant étendue à la dimension invisible de l’être, et donc non limitée à sa seule manifestation physique, l’expérience de cette nouvelle psychologie est propre à chacun et ne peut se traduire tout a fait de la même manière d’une personne à l’autre.

Q: N’est-ce pas contradictoire avec le fait que vous là précisiez comme étant non personnalisée ?

N’est-il pas contradictoire qu’étant un, nous soyons multiple ? Aborder l’être dans cette nouvelle dimension, profonde, subtile et invisible n’exclut pas sa surface, c’est à dire sa dimension psychologique et tout le rapport matériel manifeste qui en résulte. Elever son regard, ce que je propose à travers ma démarche, ne consiste pas à regarder vers le ciel, ou même vers la terre, mais plutôt au travers des choses. C’est ce que j’appelle percer la matière. C’est probablement la plus grande aventure que l’homme ait à accomplir. Du moins, c’est ma plus grande aventure.

Q: Venons en au sujet, comment définiriez vous  cette nouvelle psychologie ?

Il est généralement admis que la psychologie se définit par l’étude scientifique des comportements. Elle est la connaissance empirique ou intuitive des sentiments, des idées, des manières de penser, de sentir, d'agir qui caractérisent un individu ou un groupe. Je pourrais dire qu’elle est issue du rapport que nous établissons au monde, à soi-même, aux autres, à notre famille, au collectif, à l’environnement.

Pour résumer de manière un peu caricaturale le tableau que je constate, je dirais que la psychologie étudie les attitudes de chacun face aux événements, en s’appuyant essentiellement sur des causes historiques pour en expliquer son comportement, qu’elles soient archaïques, culturelles, familiales, ou sociales. Elle catégorise ces comportements et établit à partir de là les bases de sa science.

Paradoxalement, ce fonctionnement ne correspond que très peu à son sens étymologique, « psycho-logos », du grec psukhê, qui pourrait se traduire par le langage de l’âme, ou encore la parole de l’esprit. Nous pouvons facilement constater que dans la pratique, la psychologie ne s’intéresse que très peu à l’esprit en tant que tel. Etudiant un comportement à partir de sa cause historique et de sa dimension manifestée, elle l’enferme dans la boucle du temps. L’essentiel du travail qu’elle propose vise à inviter la personne à remonter le fil de sa mémoire et de son histoire, pour atteindre le moment clé à partir duquel sa personnalité à choisit d’agir de telle ou telle manière face à un vécu. Cela est déjà une bonne chose. Mais une fois ce point atteint, au lieu de s’en extraire pour ouvrir de nouveaux horizons, elle s’y arrête, préférant observer sa propre pertinence. Elle nous explique au final que nous sommes le fruit de notre histoire. Ce n’est pas inexact dans la mesure où bien sur, nous sommes la résultante de tout ce qui nous a précédé. Mais s’arrêter à cette vision limite grandement la compréhension que l’homme peut avoir de lui-même. Elle l’enferme dans sa propre histoire et dans ce que je nommais plus haut la boucle du temps.

La nouvelle psychologie que j’évoque ici prends le relai de la précédente. Je voudrais insister sur le fait qu’en dépit de ses limites évidentes, la psychologie classique est un des meilleurs outils de connaissance de la personnalité. Mais il faut faire une distinction majeure entre la personnalité et l’être. Rappelons que le terme « personnalité » provient de terme latin persona, lui-même dérivé de l'étrusque ou du grec ancien προσοπων, qui  désigne le masque de théâtre antique grec, interface entre l'acteur, son rôle, et le public. Grâce au masque qu’il observait, le public devait pouvoir prédire l'action du comédien. Il y avait un nombre défini de masques possibles et chaque acteur n'avait le droit d'utiliser qu'un seul masque par représentation.

Si je reprends cette image, la psychologie est la science par laquelle elle peut reconnaitre le masque, en situer l’origine, les caractéristiques et de là, en prédire l’action. Elle s’intéresse essentiellement à la partie manifestée de l’être à travers l’étude de sa personnalité, c’est à dire de ses masques.

La nouvelle psychologie porte son regard par delà le personnage. Elle étudie l’arrière plan de la scène, qui n’est pas simplement la compréhension du rôle et des actions produites mais celle des fondations de l’homme. Autrement dit, elle cherche à établir une science de l’esprit.

Q: N’est-ce pas ici la question de l’ego, plus exactement de la réalité de l’être par delà son ego ? Auquel cas le sujet n’est pas nouveau…

Je ne suis pas attaché au fait que la vision que je décris soit nécessairement nouvelle. Dans la mesure où elle traite du fonctionnement de l’homme, elle n’échappe pas à l’étude de ce qui le constitue. Et ce qui le constitue a fait l’objet d’études de tout temps. Pour être totalement nouvelle, il faudrait aller au-delà du champ de l’humain. Peut-être le ferons nous, mais cela restera avec des mots et des pensées humaines.

L’ego est un aspect de l’être, sans aucun doute. Tout comme le sont ses émotions, son corps, son énergie, sa pensée, son psychisme. Je n’entends pas m’extraire de cela, mais plutôt y porter un autre regard, qui a bien des égards contribuera à développer une nouvelle façon de percevoir l’existence. Alors non, il ne s’agit pas d’étudier l’être par delà son ego, ni par delà son corps, ni par delà sa pensée, ni encore par delà ses émotions. Cela nous amènerait à un descriptif totalement désincarné et désarticulé de l’homme, et de fait, totalement éloigné de sa réalité quotidienne.

Il s’agit de mettre en lumière sa nature réelle, de là restituer dans sa totale validité. Trop d’approches tendent à le décrire comme un être incomplet, embarrassé par toutes sortes de pesanteurs dont il faudrait qu’il se libère pour atteindre enfin sa vérité profonde, généralement très spiritualisée. Le plus souvent idéalisée.

Faisons une brève liste de qui se propose généralement : d’abord, il faudrait que l’homme se libère de ses mémoires ancestrales, de ses instincts primitifs qui l’entravent dans son évolution. Il faudrait également qu’il se libère de son conditionnement familial, de son père, de sa mère, de son éducation, mais également de ses émotions, qui le perturbent, de sa pensée qui l’encombre, de son ego, qui masque son être véritable, de ses croyances, qui le maintiennent dans l’ignorance. Je pourrais ajouter encore la nécessité pour lui de se libérer de la dualité, des désirs, d’une sexualité qui ne serait pas suffisamment « sacrée », des contingences et aspirations matérielles, de l’illusion des choses et encore de mille autres éléments que vous trouverez aussi aisément que moi.

Q: En quoi ces approches se tromperaient elles ?

Elles ne se trompent pas en ce qu’elles font. Mais elle inscrivent l’homme dans une vision pour laquelle elles se fixent une mission :  libérer l’homme de ses chaines, ce qui sous-entend qu’il n’est pas libre.

Je ne me reconnais pas dans cette vision car en y regardant de plus près, chacun pourrait voir que ces chaines ne sont rien d’autres que la conséquences du regard par lequel il entrevoit sa vie. En proposant de le libérer de celles-ci, elles leurs confèrent une vérité et les tiennent ainsi pour réelles. Puis elles invitent à suivre un moyen de les rompre: « en sortant du conditionnement de ses chaines, l’homme s’élève enfin », d’après elles…

Q: En fait, vous êtes entrain de dire qu’elles créent les chaines dont elles proposent ensuite de le libérer ?

En cautionnant cette vision, oui. Il ne faut pas y voir en elles une malhonnêteté. Il s’agit ni plus ni moins d’un jeu de regards. Mais elles n’apportent pas nécessairement de réponse fondamentale au questionnement de l’homme. Elles y répondent par des propositions qui continuent à l’inscrire dans des territoires limités, qu’il lui faudra à chaque fois dépasser s’il veut enfin trouver la paix, l’amour et la liberté.

Q: Pourriez vous donner un exemple ?

Ces derniers temps ont été marqués la parution grandissante d’ouvrages sur le rôle limitant du mental et de la pensée. Influencés par les philosophies orientales, ces livres transposent les enseignements de maitres et de sages indiens, qui, par leurs pratiques, ont pu observer la façon dont les uns les autres s’engluent dans le labyrinthe de leurs pensées.

De là, des méthodes, des stages, des pratiques comme la méditation, le yoga, l’hypnose proposent d’apprendre à calmer et dépasser nos pensées perturbatrices. Estimant que nous pensons trop, tel un hamster tournant dans sa cage, elles estiment que les pensées nous empêchent d’atteindre le calme et la sérénité. Elles s’appuient donc sur un constat commun qui est indéniable, car principalement fondé sur l’observation des faits.  

Le simple fait de présenter le mental comme un labyrinthe sans fin, où une roue qui tourne sur elle-même montre à quel point sa fonction n’est pas comprise. Le problème ne vient pas que nous pensions trop, ou mal, mais que nous ne pensons pas. Le jour où nous connaitrons notre pensée, le prétendu problème du mental disparaitra instantanément.

Q: N’êtes-vous pas là vous-mêmes entrain de dire que l’homme serait incomplet ?


Bien au contraire. Je dis qu’il est complet, mais en se percevant comme incomplet, il cherche à combler l’espace manquant par diverses démarches qui lui donnent une sensation de pouvoir enfin être complet. Et cela est sans fin, car se penser incomplet pour mieux s’extirper de cette condition et atteindre à terme sa complétude n’est pas une réalité de l’homme. C’est pourtant un regard constamment utilisé dans  la plupart de ses démarches. Il ne souhaitera pas le lâcher si facilement, puisqu’il lui donne la justification même de son mouvement, qui devient alors un questionnement  inlassable et sans fin.

Q: Se questionner n’est il pas l’essence même de la connaissance de soi ?

Le questionnement est un moteur de recherche intéressant mais il ne dira jamais qui vous êtes. Je prends volontairement cette image car c’est ce qu'il se passe lorsqu’on tape un mot clé ou que l’on pose une question sur internet. Cela réponds toujours mais ne vous apporte rien dans la connaissance de vous-mêmes, ou si peu. C’est d’ailleurs une différence entre l’homme et la machine. La machine pourra vous apporter de nombreuses  réponses, mais ne pourra jamais poser les bonnes questions.

La nouvelle psychologie ne vise pas tant à apporter des réponses à nos questionnements que de diminuer la nécessité d’un questionnement perpétuel. Pour cela, il ne s’agit pas de nous conditionner à ne plus nous questionner, ce qui nous plongerait dans ce que justement je dénonce, mais à remonter le fil de ce qui nous pousse à questionner, pour peut-être nous rendre compte que notre processus créatif est totalement absent de l’affaire. Le questionnement se pose en nous parce que nous pensons qu’il y a une réponse extérieure à nous. Or la réponse, tout comme la question, viennent de nous. Ce sont les deux facettes d’un même processus qui est avant tout créatif. Si nous prenons conscience que nous pouvons totalement créer nos réponses, tout comme nous créons notre question, nous entrouvrons la possibilité de cesser de questionner. La connaissance de soi ne peut se construire sur le terrain de notre prétendue ignorance, mais sur le constat que nous savons déjà tout.


Q: Comment se fait-il alors que nous ne le sachions pas ?

Nous le savons parfaitement. Mais nous faisons le choix de l’oublier. Ce qui crée en chacun ce sentiment un peu curieux de recherche d’absolu, absolu que nous ne  pouvons jamais tout à fait atteindre. Celui-ci transperce de temps à autre notre corps, notre esprit et nous place dans un regard contemplatif face à la vie. Certains le décrivent comme une illumination dans laquelle tout questionnement disparait. Mais cet espace n’est en rien une fin, il est plutôt le point de départ d’une nouvelle façon d’être. En le voyant comme une fin, il cesse, et en cessant, nous cessons de le sentir. Alors nous le recherchons à nouveau.

Une des caractéristiques de cet espace est qu’il intervient sans aucune considération pour l’effort réflectif que nous y plaçons. Cela devrait nous mettre la puce à l’oreille…

Q: Que voulez-vous dire ?

Qu’aborder la nouvelle psychologie n’est pas une processus réflectif ou analytique. Elle nécessite néanmoins une grande capacité mentale, qui passe par la pensée, mais une pensée non réflective.

Q: Là aussi, n’est-ce pas contradictoire ?

Si nous estimons que toute pensée est une pensée réflective, alors oui. Mais la pensée est un univers vaste. Il est tout a fait possible de penser sans réfléchir. Nous aborderons ce point plus tard. (...)

extrait - Vers une nouvelle psychologie de l'être - François Fournier

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